Etalonnage du film “Le code Noir (e)” / réalisation Virginie Berda.

Quelles traces auront laissée les femmes dans la longue et pénible histoire de l’esclavage ? Comment ces traces sont-elles encore lisibles aujourd’hui ?

Ecriture et réalisation: Virginie Berda

Production : Bo Travail !

Montage : Sylvie Lhomme

Durée : 52 mn

Cette histoire féminine de l’esclavage émerge à peine, après quelques siècles de silence et d’étouffement, une histoire dans laquelle le genre n’existe pas, seul l’esclave avec un grand E étant globalement (dé)considéré.

Çà et là, pourtant, les historiens abordent le sort des femmes : leur nombre, leur origine, leur fonction… Mais presque aucun livre, aucun documentaire dans la sphère francophone ne prend en compte d’un point de vue analytique leur condition, leur souffrance, leur combat, leur identité propre en tant que femme, alors même que cette particularité n’a rien d’anodin dans le grand circuit de la traite négrière.

Être femme et être esclave, c’est être en minorité au milieu des hommes, être malgré tout un objet sexuel en plus d’un objet de labeur, c’est être mère parfois, et donc de donner la vie à de nouveaux esclaves, mais c’est aussi transmettre une tradition orale, se battre au quotidien et parfois se battre tout court pour l’ultime espoir : la liberté.

Or, bientôt deux siècles après l’abolition, les circonstances de ce combat ont évidemment évolué, mais pourraient n’avoir pas totalement disparu : il y a des cicatrices spéciquement féminines de l’esclavage, qui impriment encore les structures familiales dans les anciennes régions de la traite.

Quelle mémoire souterraine relie leur sort à celui de la Martiniquaise ou de la Guadeloupéenne d’aujourd’hui, encore souvent vue comme le « potomitan » (pilier, pierres angulaire) de sa famille, « mère courage » assumant seule des enfants que les pères, hommes papillonnants, aiment de loin. Femmes en apparence insubmersibles et que travaille pourtant en profondeur un sombre héritage collectif ?

Ce film explore un univers invisible qui n’a pourtant jamais cessé d’être présent dans l’histoire cruelle de la traite négrière, et qui continue de hanter le monde créole. Une manière de rendre justice à celles qui, sur la photo de groupe, ont disparu, leur sort fondu dans la souffrance générale.